Pour réussir mieux vaut miser sur vos comportements que sur votre personnalité !

On assimile souvent réussite et personnalité. C’est un leurre. Voici pourquoi et comment ne pas se laisser prendre au piège.

1. On confond critères de réussite pour soi avec signes de succès extraordinaire de quelques-uns, ce qui s’avère destructeur pour beaucoup de gens

 

Qu’ont en commun Elon Musk, Steve Jobs, Jeff Bezos pour n’en citer que trois, à part le fait d’être américains ? Ils marquent les esprits par leurs réussites entrepreneuriales exceptionnelles et leurs personnalités parfois fantasques et toujours hors du commun.Le cerveau ayant tendance à survaloriser les expériences intenses, courtes et marquantes – selon le phénomène qu’explique Daniel Kahneman dans Système 1, Système 2, Les deux vitesses de la pensée – la réussite est spontanément associée à l’image d’un succès extraordinaire. C’est ainsi que sont socialement valorisées les levées de fonds énormes pour des start ups ou le coup de poker gagnant d’un entrepreneur en vue. Cela brouille les repères quand il s’agit de considérer sa propre réussite.Il convient donc en premier lieu de définir la notion de réussite. J’ai posé cette question aux 23 entrepreneurs qui témoignent dans l’ouvrage Pour réussir, musclez votre état d’esprit ! Chacun a sa conception : « c’est faire ce qui nous fait vibrer au plus profond de soi » dit Stéphanie Gicquel, sportive de l’extrême qui détient le record de la plus longue expédition à pied de plus de 2000 km réalisée par une femme sur le continent Antarctique ou « c’est atteindre les objectifs que l’on s’est fixés » pour Pierre-Edouard Stérin, fondateur de Smartbox.Premier conseil donc, poser ses propres critères de réussite. Quel challenge ai-je envie de relever ? Qu’est-ce qui me comblera ? Cela suppose de prendre du recul pour se connaître et éviter de se laisser entraîner inconsciemment par les injonctions environnantes. 

2. On tire de ce constat de départ erroné une analyse inappropriée des causes de réussite

Reprenons les réussites emblématiques évoquées ci-dessus. Elles sont associées à des personnages : ego fort dimensionné, volontiers autoritaires et voire provocateurs. Ce sont des exemples extrêmes, mais marquants car la « sagesse populaire » attribue facilement la réussite à une personnalité flamboyante.Une personnalité charismatique galvanise grâce à son aplomb et son énergie. Mais penser que ce serait le meilleur, voire le seul modèle pour réussir inhibe. Penser aussi que ce serait suffisant fait commettre des erreurs.Le patron fondateur de Uber, Travis Kalanic, a été prié de quitter la direction après des frasques répétées. Chaque tweet d’Elon Musk doit maintenant être validé en amont par son avocat pour éviter une chute du cours de bourse.Sans aller jusqu’à ces extravagances, un(e) dirigeant(e) qui ne joue que sur sa personnalité s’enferme. La personnalité est un atout jusqu’à un certain point et il faut savoir quand changer de registre. La clé est de s’entraîner pour acquérir une souplesse de comportements qui rend sensible aux circonstances et permet de s’ajuster en permanence. Cela est valable dans tous les cas, y compris pour sortir de sa réserve naturelle. C’est ce qui permettra aussi à son entreprise de s’adapter et d’anticiper les retournements nécessaires. 

3. Les témoignages des entrepreneurs qui réussissent parlent tous de ténacité

En survalorisant une facette visible de ces modèles exceptionnels mais minoritaires on loupe la compréhension de ce qui explique la majorité des réussites : la ténacité.Tous les entrepreneurs interviewés dans l’ouvrage* mettent en avant la capacité à tenir, à surmonter les obstacles et se relever, travailler sur la durée, accepter le temps long.C’est le comportement de persévérance : c’est renforcer sa capacité à se relever des difficultés et orienter ses efforts de manière efficace. Cela se travaille. Et c’est à la portée de tous, quelle que soit sa personnalité !*Isabelle Proust, Pour réussir, musclez votre état d’esprit ! Editions EMS, nov.21